28 mars 2012

Torticola contre Frankensberg (1952) VF

(Torticola contre Frankensberg)
Un film réalisé par Paul Paviot
1952 - 36 minutes - Noir & Blanc - Mono - NC

Lorelei, une jeune orpheline, très belle et trop innocente, est contrainte par la misère de chercher refuge chez son oncle et tuteur le Docteur Frankensberg. Celui-ci vit reclus dans son château de Todenwald, à proximité d’un petit village perdu de Poméranie. Frankensberg, homme de grand et dangereux savoir, se livre à d’énigmatiques expériences qui semblent exaspérer une compagnie de moine cagoulés qui hante le pays, ses plages et ses alignements de menhirs… Intervertissant corps et cerveaux du fils de son pire détracteur et concurrent direct, et ceux du greffier du castel, le scientifique dément a crée un homme qui miaule et un chat qui parle ; mais il a surtout fabriqué de toutes pièces un monstre amateur lui-même de cadavres et qui est devenu son âme damnée : Torticola.

Avec : Roger Blin, Daniel Gélin, Héléna Manson, Marc Moussac, Véra Norman, François Patrice, Michel Piccoli

http://www.imdb.com/title/tt0045246/

Langue : Français
Sous-titres : Sans

Fichier provenant de La Caverne, mdp UFSF
TORTICOLA52PP.rar

12 commentaires:

  1. Un très beau court-métrage français.
    Merci.

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  2. Découvert dans "la caverne des supers introuvables".....
    Fans du brave docteur Frankenstein (dont je suis le président auto proclamé par légitimité)un méga collllleccctttttorRRR.

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  3. Court-métrage pastiche d'un jeune cinéaste engagé (et aussi pasticheur d'un western).
    Film de potes (Piccoli, Blin et aussi peut-être pour une aide au scénar ... Remo Forlani feu le critique cinéma de RTL).
    Je me souviens que Frunobulax a posté cette rareté à La Caverne et grand bien nous fit, c'est passé qu'une fois en télé au ciné-club fin 70's ... ça n'a jamais été édité pour le public sur pellicule, vidéo ou dvd, par contre souvent à l'affiche dans les festivals ... film devenu culte (tout petit culte) avec un Piccoli en créature frankensténienne mémorable côté maquillage en particulier !

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  4. Un court français des années 50 sacrément bien servi , Piccoli , Brasseur , Gélin et l'histoire a l'air fantastique . curieux de voir ça
    merci l'UFSF

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  5. Merci pour le ré-up de ce court métrage... et bonne année 2021 à tous !

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  6. Voici ce qu'en écrivait le critique F. Hoda dans le numéro 8 de la revue Fiction :

    "J’ai eu l’occasion de voir tout récemment un excellent petit film (de trente minutes) réalisé il y a quelques années par un jeune metteur en scène plein de talent, Paul Paviot. Il s’agit de « Torticola contre Frankensberg », amusante parodie des films d’épouvante. Ceux qui ont vu « Terreur en Oklahoma » ou « Chicago Digest » et qui ont jusqu’ici raté « Torticola » voudront sûrement connaître ce mystérieux personnage. Ils ne seront pas déçus. Le scénario de Louis Sapin et d’Albert Vidalie, adapté par Paviot lui-même, est plein d’astuces et de gags. Paviot connaît très bien le genre et c’est en quelque sorte en ami qu’il le raille ; il utilise fort intelligemment tout l’arsenal de la terreur pour faire rire le spectateur : château sinistre, brouillards, forêts, paysages désolés, mer en furie, orages, laboratoires inquiétants, trappes, personnages mystérieux, etc. L’histoire elle-même suit de très près les thèmes du genre. Une belle jeune fille, Lorelei, est contrainte par la misère d’interrompre ses études et de se réfugier chez son oncle et tuteur, le sinistre Docteur Frankensberg. Ce dernier, homme de grand savoir, se livre à de mystérieuses expériences dans son château de Todenvald, en Poméranie. Peu après son arrivée, l’innocente Lorelei s’aperçoit avec épouvante que son oncle nourrit des intentions machiavéliques à son égard… Elle rencontre les monstres qu’il a créé : un homme-chat, un chat qui parle et Torticola qui n’est rien moins que son âme damnée… Aidé par son assistant, le malfaisant Furrespiegel, et son énigmatique gouvernante, le docteur entreprend de pomper le sang de l’innocente Lorelei pour l’injecter au monstrueux Torticola. La belle jeune fille échappera-t-elle à ce complot ? Je ne voudrais pas vous donner la « solution », mais vous aurez tous deviné sans peine qu’elle est optimiste."

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    1. Ne pas oublier tout de même que ce même critique de "Fiction" trouvait des vertus à "Frankenstein 1970", mais dézinguait le "Frankenstein" de James Whale en osant écrire, lors de sa ressortie au "Midi-Minuit" en 1958, que cet immortel chef-d'œuvre "ressemblait plus à un squelette qu'à un film"... J'avais 18 ans, j'ai envoyé une lettre d'engueulade à F. Hoda ! Une partie en fut publiée dans le courrier des lecteurs... Cela dit je suis entièrement d'accord avec lui en ce qui concerne "Torticola").

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    2. Cher Todslaughter, j'ai retrouvé votre lettre dans le Fiction n°63 de Février 1959. Oserai-je la publier ici ? (C'est à dire avec votre accord ?)
      Voici en effet l'article "au squelette" de F. Hoda (Fiction n°59)

      DÉCADENCE DES CLASSIQUES par F. HODA
       
      "Depuis des années nous avions pris l’habitude d’invoquer des titres disparus des écrans et de conférer à certains films, nos souvenirs d’enfance aidant, une auréole souvent imméritée. Il est temps de faire mea culpa : la reprise simultanée de « Frankenstein » (1931) et de « L’homme invisible » (1934) nous y invite. Au surplus, ces deux films permettent de porter un jugement nuancé sur le réalisateur James Whale à qui certains ont voulu reconnaître du génie. Autre intérêt de ces films, ils utilisent deux procédés différents dans le cadre de l’épouvante. L’un s’appuie sur le grimage, l’autre sur le truquage. Enfin, ils restent encore imprégnés du fantastique à l’allemande des années du muet, et en même temps, soulignent bien le caractère propre de la production hollywoodienne du genre.
      Revoir ces films à plus de vingt ans de distance a été pour moi une très grande déception, « Frankenstein » ressemble plus à un squelette qu’à un film. Le scénario linéaire s’éloigne beaucoup du fameux roman de Mary Shelley et contribue ainsi, pour une grande part, au vieillissement de la bande. On se demande même comment il s’est trouvé jadis des spectateurs pour « marcher » à une telle mascarade. Les personnages schématiques de Frankenstein, de son père, de sa fiancée, de son ami, comme le dialogue infantile, invitent plutôt au rire qu’à la peur. La seule compensation de l’entreprise est offerte par l’extraordinaire jeu de Boris Karloff qui arrive à conférer au monstre une épaisseur inattendue, contrastant étrangement avec l’inanité des autres acteurs. Deux séquences résistent à l’épreuve du temps : la rencontre du monstre et de la petite fille, la lutte entre la créature et son créateur à l’intérieur du moulin abandonné. Pour le reste, le film ennuie.
      Rien ne subsiste des mobiles psychologiques que Mary Shelley avait attribués aux protagonistes. On se souvient que, dans le roman, le monstre, comme l’enfant qui vient de naître, recherche l’affection de son entourage. Mais sa laideur hideuse et repoussante le confine dans une solitude forcée. Il voue alors une haine implacable à son créateur et commence par assassiner froidement tous ceux que le Dr Frankenstein aime. Ce dernier cherche à son tour à supprimer l’assassin, animé d’un violent désir de vengeance. Mais le monstre tue, puis pris de remords, et comprenant l’inutilité de toute lutte, l’impossibilité de sa situation, décide de se suicider. Le film de Whale, délaissant cette justification psychologique, se base sur un scientisme mécaniste énervant : le monstre devient assassin parce qu’on lui a donné un cerveau de criminel. Mais l’action même du film, suivant le roman, nous amène à prendre parti pour le monstre. Dans la scène finale du moulin, lorsque créature et créateur se mesurent en un combat singulier, on croit un instant, grâce à l’expression de Karloff, que l’auteur revient à cette explication psychologique. Mais on est vite obligé d’admettre qu’il n’y a chez Whale aucun souci de ce genre.
      De même, « L’homme invisible » ne retient du roman de Wells qu’une trame. Ici, Whale soigne le truquage et se contente de nous frapper par le procédé. Il faut dire que le truquage est très soigné, et à cet égard le film reste agréable, malgré son scénario linéaire. Mais on ne peut s’empêcher de penser à tout ce que Whale a raté dans le portrait de son protagoniste invisible.
      La volonté de puissance et l’orgueil qui habite l’inventeur de l’invisibilité tombent à plat et l’on songe au véritable sujet du récit qui n’est qu’effleuré dans le film.

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    3. ...
      " Que James Whale soit un habile réalisateur, cela ne fait pas de doute : il excelle à introduire dans ses films un suspense mécanique, à créer une atmosphère hallucinante. Mais si les décors de « Frankenstein », par exemple, rappellent quelquefois ceux des films expressionnistes allemands des années vingt, on est bien loin du génie d’un Murnau chez qui la recherche plastique et la suggestion du fantastique redoutable s’allient à une conception du monde, à une métaphysique déterminée et déterminante. « L’homme invisible » se laisse voir de bout en bout, mais seulement d’un œil. On y cherche en vain un contenu valable : on se heurte à des conceptions infantiles et sans intérêt. On se trouve exactement dans le cas du spectateur des tours de quelque prestidigitateur de foire. On est déçu.
      Ces deux films montrent bien l’évolution du fantastique européen transplanté à Hollywood. On a repris les mêmes situations, mais en les vidant du contenu que les Européens s’étaient efforcés d’y introduire. Un producteur américain a dit récemment que le public a l’âge mental d’un enfant de douze ans et qu’il faut produire des films pour satisfaire ce public-là. Les réalisateurs de films d’épouvante n’ont pas attendu ces constatations. Dès les années 1930, ils n’ont cessé de faire des efforts en ce sens. Et James Whale n’échappe pas au mouvement. Au contraire il le pousse et le fortifie. Que dire de plus ? Excellent technicien, il manque de génie. Il fait du fantastique pour le fantastique. Il a dû certainement s’amuser en tournant « Frankenstein » et « L’homme invisible ». Mais que voulez-vous, ses films ne nous amusent plus.
      Une rétrospective du fantastique organisée il y a deux ans par la Cinémathèque soulignait déjà cette impression de déception. Et à voir la production courante de science-fiction, on sent que les choses ne sont pas près de changer. Au moment même où la littérature du genre connaît un renouveau sans précédent, le cinéma, optant pour les solutions de paresse, reprend les canevas inventés par James Whale." (F. Hoda)

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  7. Merci merci et merci.
    Votre site devrait être classé trésor national.

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