11 novembre 2025

(Thingamajig) La Femme du sable (Suna no onna) (1964) VO+STFR HD

 (Suna no onna)
Un film réalisé par Hiroshi Teshigahara
1964 - 147 minutes - Noir et blanc - NC - 1,37:1

Un homme marche dans le désert. Il observe les insectes, les photographie, les ramasse. S'étant arrêté pour se reposer, il est accosté par trois villageois qui lui proposent de passer la nuit dans leur village. L'homme est escorté jusqu'à une fosse au fond de laquelle une femme l'accueille et lui offre repas et couche. Pendant la nuit, la femme sort et ramasse le sable qui s'écoule des parois. Au petit matin, l'échelle de corde a disparu et l'homme se rend compte qu'il a été fait prisonnier...

Avec : Eiji Okada, Kyôko Kishida, Kôji Mitsui, Hiroko Itô, Sen Yano, Ginzô Sekiguchi, Robert Dunham, Kiyohiko Ichihara, Hideo Kanze, Hiroyuki Nishimoto...


Langue : Japonais
Sous-titres : Français

Une proposition de Thingamajig pour l'anniversaire du blog
Je vous propose, "La femme des sables" (ou "du sable") 1964 de Hiroshi Teshigahara

ou



6 commentaires:

  1. Un film splendide ! merci de le proposer.

    RépondreSupprimer
  2. Merci beaucoup Thingamajig pour cette HD. Un très beau film.

    RépondreSupprimer
  3. MERCI POUR CETTE VERSION EN BLU-RAY RF

    RépondreSupprimer
  4. Un de mes films préférés. Un chef d'oeuvre ! Kobo Abe, l'auteur du livre dont s'inspire le film, a participé comme scénariste à l'adaptation cinématographique. D'autres livres de cet auteur ont été adaptés par Hiroshi Teshigahara avec toujours Kobo Abe au scénario : Le Traquenard en 1962, Le Visage d'un autre en 1966, L'Homme sans carte en 1968, entre autres.

    RépondreSupprimer
  5. Belle idée de Thingamajig. Merci à lui et à l'UFSF.

    RépondreSupprimer
  6. Je ne résiste pas au partage de la critique de ce film par Philippe Curval (dans le n°134 de Fiction - Janvier 1965).
    " Tout commence dans les dunes et tout se poursuivra, jusqu'à la dernière image du film, au cœur de ce paysage de sable, balayé par le vent, s'effritant, s'effondrant, en coulées vénéneuses, sous son propre poids. De gigantesques rocs envahissent l'écran, immédiatement après le générique, et, peu à peu, par l'effet d'un travelling cosmique, on s'aperçoit que ces rocs deviennent rochers, ces rochers, pierres, puis cailloux, enfin grains et poussières. Ce sera le symbole de la présence immanente de ce sable qui envahira progressivement l'esprit et le corps des personnages. Ils s'englueront dans le piège qu'ils ont voulu affronter.
    Au début, ce ne sera que l'anodine promenade d'un entomologiste à la recherche de quelques spécimens rares à travers des dunes inconnues. Le pays ni les hommes ne sont situés dans le temps ou l'espace, et ce n'est pas l'un des moindres mérites de ce film de s'être départi de tout contexte japonais. En dehors des caractéristiques ethniques des acteurs, les idées et les intentions de l'auteur sont universelles. C'est du fantastique à l'état pur, un fantastique athée qui ne s'entache d'aucune mythologie, d'aucune superstition.
    Puis ce sont les prolégomènes au cauchemar : le héros veut se loger pour la nuit ; d'étranges paysans l'entraînent au crépuscule au bord d'un vaste trou. Il ne réfléchit pas et descend à l'aide d'un palan. La nuit est tombée, le piège s'est refermé. C'est à partir de cet instant qu'il faut choisir une optique personnelle pour voir La femme du sable. Soit que l'on s'intéresse aux symboles et que l'on désire voir dans ce film une fable profonde sur les destinées de l'homme et la signification de sa vie au sein de notre moderne civilisation, soit que l'on s'attache à l'histoire et aux images, et dès lors on assiste à l'un des plus beaux films fantastiques qui aient été réalisés. C'est d'abord la rencontre au fond du trou de la femme, pure et docile, la découverte de la prison infranchissable que constituent les falaises de sable de cet entonnoir géant, les obscurs travaux de la femme au fond du gouffre, seaux de sable emplis dans la nuit et remontés par des personnages hilares vers l'insolite village des dunes.
    Puis la révolte du héros qui veut fuir, ses tentatives manquées, ses glissades tragiques le long des pentes, et même sa seule échappée hors du trou vers les sables mouvants d'où l'extirpent les villageois et son retour vers le fond de l'entonnoir. Ce sont les scènes d'amour fou, d'un érotisme chaste et magnifique, entre la femme et l'homme, les grains de sable qui s'infiltrent à travers la maison de planches grises, le sable qui colle à la sueur, la peau qui gratte, l'absence d'eau, le travail des larves humaines chaque nuit recommencé, et tout cela dans une suite d'images sublimes jusqu'à la première apothéose du film : le héros supplie les villageois de lui laisser voir la mer, quelques minutes par jour. Ils acceptent à condition qu'il fasse l'amour avec sa femme devant le peuple assemblé. Et c'est la scène atroce et déchirante des deux êtres qui se cherchent et se repoussent dans le sable, tandis que les créatures qui gardent le trou ricanent et gloussent derrière leur masque d'épouvante sur la crête de l'entonnoir-piège.
    Dès lors, tout est consommé, l'homme au fond du trou de sable subira son sort, sans révolte, sans haine, partageant amoureusement sa condition d'esclave avec la femme qu'il aime physiquement.
    Mais cette dernière sécurité lui sera retirée car son épouse attend un enfant et les villageois l'emmèneront vers une clinique fantôme située au dehors, quelque part dans les dunes lointaines.
    Chaque photo est composée plastiquement, chaque cadrage exprime les intentions du moment. La présence du sable et celle du corps nu de la jeune esclave hanteront encore durant bien des nuits le spectateur ébloui par un si beau cauchemar.
    Philippe CURVAL. "

    RépondreSupprimer

Merci de ne pas mettre de :) , ;) et autres ;-) dans vos commentaires. Les demandes de réup sont à faire en suivant ce lien. Mettez un prénom ou un pseudo dans l'onglet Nom/Url quand vous postez un commentaire. C'est tout de même plus convivial que le sempiternel "Anonyme" et ça l'est tout autant.